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Historique
&
chronologie

Les origines du parc

C'est l'importante fortune que son grand-père René Hatte, fermier général, lui légua en 1762 qui permit à René de Girardin de racheter les parts des autres héritiers sur le domaine d'Ermenonville et de la réaménager par la suite. Le château n'était alors qu'un édifice assez banal et les fonds de vallée n'étaient que marécages. Officier pour Stanislas Leszczyński, duc de Lorraine, il devait d'abord attendre la fin de la Guerre de Sept Ans, qui intervint en 1763, et de ses obligations envers le duc. Entre temps, il put cependant se libérer pour effectuer des voyages d'études en Italie, Allemagne et Angleterre. Le marquis fut surtout impressionné par les jardins à l'anglaise, et notamment le parc de Leasowes (en) de l'écrivain William Shenstone : ce qu'il découvrit fut l'application de principes propres à la peinture et à la poésie au domaine du jardinage. À la suite du décès de Leszczyński, Girardin pouvait se consacrer pleinement à l'élaboration de son projet de création d'un parc à l'anglaise. Dans un premier temps, ce dernier devait occuper une quarantaine d'hectares autour du château d'Ermenonville. Le peintre Hubert Robert officiait comme conseiller artistique

Réalisation, conception et philosophie

Le terrain du domaine de Girardin présentait un inconvénient de taille, le sol marécageux, mais aussi des avantages : le relief légèrement accidenté se prêtait tout naturellement à la création d'un paysage varié, et un cours d'eau pour alimenter les lacs et étangs traversait déjà les lieux. Le marquis fit venir exprès deux cents ouvriers anglais. L'assèchement des marais et le gros œuvre ont pris une dizaine d'années ; M. de Girardin confia la direction de ces travaux au jardinier réputé Jean-Marie Morel. Leur collaboration cessa par la suite en raison de la divergence de leurs points de vue respectifs : Morel s'opposait à la plupart des fabriques et laissait une plus grande partie de la création à la nature, tandis que Girardin soutenait le bien-fondé des fabriques dont le rôle était de ramener l'homme vers la nature. En outre, Girardin voulait dépasser le simple jardinage et s'est fait créateur de paysages à la manière d'un peintre, et selon des règles de composition et des modes de composition picturaux

Le fameux Le Nôtre, qui fleurissoit au dernier siècle, acheva de massacrer la Nature en asujettisant tout au compas de l'Architecte; il ne fallut pas d'autre esprit que celui de tirer des lignes, & d'étendre le long d'une règle, celle des croisées du bâtiment; aussitôt la plantation suivit le cordeau de la froide simétrie (...), les arbres furent mutilés de toute manière (...), la vue fut emprisonnée par de tristes massifs (...), aussitôt la porte la plus voisine pour sortir de ce triste lieu, fut-elle bientôt le chemin le plus fréquenté» (p. IX-XI)

Le parc

Le Parc Jean-Jacques Rousseau, si l'on ne considère que sa partie ouverte au public, ne représente qu'une petite partie du parc d'Ermenonville du marquis René-Louis de Girardin. Ce secteur sud du parc fut appelé « Grand Parc » ou encore enclos du Midi.

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Environ les deux-tiers de ce qu'il en reste sont actuellement accessibles; quant au tiers restant, la « Prairie Arcadienne » tout au Sud est en restauration. Mais le parc continuait aussi à l'ouest du contournement de Senlis par la N 330 et englobait donc quelques parcelles de la forêt d'Ermenonville laissées en l'état par Girardin. Au nord, le Grand Parc est délimité par la RD 922 et la N 330, ces routes ayant déjà existé au xviiie siècle.