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Présentation

La renaissance d’un jardin du siècle des Lumières

Acquis en 1985 par le Conseil départemental de l’Oise, le Parc
Jean-l’objet depuis 2010 d’un vaste programme de restauration qui est en cours d’achèvement.
Depuis 2012, labellisé Centre culturel de rencontre, il a pour mission de favoriser le rayonnement du jardin avec un programme artistique, culturel et éducatif, et la présence d’artistes et de chercheurs, poursuivant ainsi l’ambition du site d’être un lieu de vie, de construction de l’individu, mais aussi de progrès des idées.

Parc paysager hors du commun, le Parc Rousseau est le premier témoignage en France du jardin pittoresque, caracteristique du XVIIIe, siècle des
Lumières. Une nouvelle idée de la nature s’impose, donnant naissance à l’art paysager, le paysage étant dessiné comme un tableau à composer avec l’introduction des fameuses “fabriques” caractéristiques du parc.

“Ce n’est ni en architecte, ni en jardinier, c’est en poète et en peintre qu’il faut composer les paysages, afin d’intéresser tout à la fois l’œil et l’esprit”
René-Louis de Girardin.

Le Parc Rousseau est né de l’idée de son original propriétaire, le Marquis de Girardin*, qui en hérite en 1762. Personnalité éprise de l’esprit et des progrès de son temps, il est influence par ses nombreux voyages : jardins anglais et campagne toscane nourrissent son inspiration, tout comme l’Antiquité et de nombreuses lectures. Il fait appel de 1763 à 1776 a l’architecte-paysagiste Jean-Marie Morel et a des jardiniers écossais, ainsi qu’au peintre Hubert Robert, pour l’aménagement du château et des jardins
Qu’il conçoit comme manifeste à l’auteur de l’Emile.

A Ermenonville, le marquis livre une vision organique du monde prônant l’asymétrie et l’irrégularité en opposition aux règles rigides et à la nature forcée des jardins géométriques de Le Notre. Le jardin pose peinture et poésie comme guides de la conception. La nature est célébrée comme sauvage, les plantes sont préférées indigènes et non exotiques. Les reliefs et données existantes sont utilisés et optimises.

Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville

En 1778, Jean-Jacques Rousseau, dont le marquis de Girardin est un fervent admirateur, trouve refuge a Ermenonville durant 6 semaines passees a herboriser.
Il y décède le 2 juillet et est inhume sur l’Ile des Peupliers avant que la Convention n’ordonne le transfert de sa dépouille mortuaire au Panthéon, ou il repose.
Sa figure reste définitivement associée au parc, devenu lieu de pèlerinage, contribuant ainsi à sa renommée internationale.

René Louis de Girardin (1735-1808), créateur du jardin, auteur du traité « De la composition des paysages »

Apres une carrière militaire au service de Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine, il entreprend de nombreux voyages à travers l’Europe. Il hérite du château, du domaine d’Ermenonville et d’une fortune qu’il investit dans ce projet inédit de jardin paysager. Il prend le soin d’attirer les
visiteurs prestigieux et la réputation des jardins d’Ermenonville est grandissante.
L’épisode révolutionnaire le voit séquestré dans son propre château, incarcéré sous la Terreur jusqu’à la chute de Robespierre.
Profondément blesse par le devenir d ses jardins saccages par les catastrophes naturelles ou les aléas de l’Histoire, le marquis de Girardin quitte définitivement Ermenonville vers 1795 et s’installe a Vernouillet ou il recrée un jardin et meurt en 1808.

Le parc actuel, ses 19 fabriques, la gestion du jardin, l’ouverture aux publics…

Les 60ha du Parc actuel ne représentent qu’une partie du vaste ensemble conçu par le marquis René-Louis de Girardin qui avoisinait les 200 ha : les jardins d’Ermenonville autour du château (parc actuel), le parc au nord et le “Désert” situé au nord-ouest.
Les “fabriques” : du Temple de la Philosophie moderne à la Prairie Arcadienne … Edifices d’agrément, au départ réservés a la peinture de paysage, les fabriques suggèrent des haltes au promeneur ; certaines ont des fonctions pratiques, d’autres symboliques. Si le parc en comptait près d’une cinquantaine (cabanes, autels, colonnes…), 19 fabriques tout juste restaurées subsistent dans le parcours actuel. Les plus emblématiques sont le Temple de la Philosophie Moderne, l’Ile des Peupliers (modèle copie plusieurs fois en Europe), la Grotte des Naïades, le Kiosque chinois, le Jeu d’arc, le Théâtre de verdure, le Dolmen, la Grotte aux ossements, la Prairie Arcadienne, l’Autel de la rêverie, la Glacière, l’Embarcadère, le Banc de la reine, le Château d’eau, le pont de la Brasserie …

Une programmation diversifiée pour tous les publics, un mode exemplaire de gestion écologique du jardin : plus qu’un jardin, Ermenonville est un projet de société, reflet d’une époque et de l’esprit innovant de son créateur ou le respect et l’agriculture joue un rôle prépondérant.
Sous l’impulsion de Corinne Charpentier, directrice du parc, le jardinier-paysagiste Vincent Lahache coordonne les actions de mise en valeur de ce jardin central dans l’histoire et invente une gestion qui mêle étroitement paysage et écologie en s’appuyant sur une vision dynamique du patrimoine.
Par ailleurs, le centre culturel de rencontre dont les bâtiments sont
en cours de rénovation, propose une programmation culturelle généreuse et diversifiée a l’attention de tous les publics. Le parc est également partenaire de nombreux projets artistiques et culturels menés dans le cadre scolaire grâce au soutien financier du Conseil départemental de l’Oise et du Conseil Régional de Picardie.